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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 17:58

erri-de-luca-En-haut-a-gauche.jpgJe ne connaissais pas Erri De Luca.

 

Petit recueil de nouvelles. L'idéal pour découvrir un auteur.

 

D'autant plus quand on lit en 4° de couverture : "Erri de Luca excelle à transmettre la beauté des corps et des objets, la chair du monde et des livres".

 

Il y a des nouvelles qui m'ont beaucoup plu, comme Primeur. La montagne, des skieurs, un dénouement surprenant.

 

Il y a aussi Violon. L'évocation du violon du grand père. Magnifique !

 

De belles phrases ici et là "La vie de nos vingt ans est pleine de paraistes impatients de faire leur nid dans tout renoncement".

 

Mais il n'y a pas de quoi me donner envie d'en découvrir plus au travers d'un roman.

 

Bye bye Erri De Luca ...

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 07:01

mathias enard

Je renouvelais mon stock avec la perspective de ce voyage à Istanbul lorsque je suis tombé sur ce livre. Un coup d'oeil sur la 4° de couverture quand même et la foi dans ce que Actes Sud / Babel propose finirent par me convaincre.

 

Le voyage de Michel-Ange à Constantinople en 1506 pour concevoir un pont sur la Corne d'or est le thème de ce roman. Roman historique ? Je ne sais pas. Peut-être, à ma grande surprise car c'est un genre que je n'aime pas. Pur a priori de ma part. Probablement une vengeance vis-à-vis de l'Histoire, matière dans laquelle j'ai toujours été nul.

 

Je l'ai commencé à Lyon et j'ai adoré dès les premières lignes. Je l'ai fini dans l'avion : il était temps !

 

"Tu habites une autre prison, un monde de force et de courage où tu penses pouvoir être porté en triomphe ; tu crois obtenir la bienveillance des puissants, tu cherches la gloire et la fortune. Pourtant, lorsque la nuit arrive, tu trembles".

 

D'ailleurs le titre lui-même m'avait accroché.

 

Ensuite bien d'autres aspects ont fait le reste.

 

L'artiste confronté à la commande.

 

L'arrivée dans un ville et ce qu'il en restera après.

 

Comme les lignes citées plus haut l'évoquent, le statut fort et la faiblesse d'un homme.

 

A la veille de mon propre voyage dans cette ville, je suis ravi d'avoir bénéficié de ce regard sur cette ville. Bien plus propice à favoriser une belle découverte que tous les guides. Mais nul besoin de venir ou d'être allé à Istanbul pour apprécier ce livre. C'est palpitant comme un roman d'aventures avec la sensibilité en plus et une vraie qualité d'écriture. 

 

L'auteur a de plus eu le bon goût de décrire en quelques lignes dans l'épilogue ce qui peut être considéré comme plus ou moins valide et ce qui est pure invention romanesque. Car c'est quand même à mon sens le point faible des romans historiques.

 

"Dans ce cahier tâché, il consigne des trésors. Des accumulations interminables d'objets divers, des comptes, des dépenses, des fournitures ; des trousseaux, des menus, des mots tout simplement.

Son carnet c'est sa malle.

Le nom des choses leur donne la vie.

11 Mai, voile latine, tourmentin, balancine, drisse, déferlage."

 

Il est maintenant l'heure de replonger dans cette ville. Allons laisser les baskets à l'entrée de Ste Sophie ...

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 06:16

manazuru

Que dire sur ce roman étonnant ...

 

Ce n'est probablement pas la première fois que je me pose ainsi la question sur ce blog !! J'aime les romans (et les oeuvres d'art en général) pour lesquels la compréhension ne m'est pas immédiate, même si elle doit finalement me rester inaccessible .... Je préfère me creuser la tête sans trouver que ne pas avoir à me la creuser. Sauf si je sens que c'est l'oeuvre qui est ... creuse !

 

Revenons à Manazuru. Comme le personnage central, une femme, y revient. Régulièrement.

 

Manazuru, une ville où cette femme, Kei, croise plus souvent qu'à Tokyo une "autre" femme. Insaisissable.

 

Kei vit avec sa fille, Momo, et sa mère. Elle croise aussi un homme Seiji. Un autre homme qui joue un personnage central, Rei, son ex, mystérieusement disparu.

 

Kei se trouve ainsi confrontée à un présent un peu absent, un absent omiprésent.

 

Avec Momo et la grand-mère de celle-ci elle a deux témoins, deux repères différents, deux miroirs peut-être aussi.

 

Kei cherche des réponses à Manazuru où notre réalité perd ses droits. Marine Landrot, sur la 4° de couverture, parle de divination du réel. Je ne trouve pas meilleure formule.

 

Je n'ai pas une compréhension très claire, c'est le moins qu'on puisse dire, de cette oeuvre. Voyage intérieur. Traitement de l'absence. Comment réagir face à l'inexpliqué. Les racines, pour Momo. Autant de moyens de "comprendre" ce roman.

 

Quel plaisir alors à le lire ? Ces questions peuvent être les nôtres. On peut trouver ces thèmes intéressants sans les faire siens. On peut se rappeler tous les moments où on est confronté à des évènements pour lesquels on cherche des réponses, en vain.

 

J'ai aussi beaucoup apprécié de retrouver l'ambiance pleine de charme des autres livres d'Hiromi Kawakami que j'ai déjà lu :  Les années douces, La brocante Nakano.

 

Et je la retrouverai bien volontiers.

 

"Quoi qu'il en soit, ceux qui restent sont les plus à plaindre. Mais d'après toi, qui est le plus à plaindre, celui qui est parti ou celui qui demeure ? demande la femme. Je ne tiens pas à me poser ce genre de questions ! ai-je répondu d'un ton brusque. La femme s'est aussitôt évanouie dans la mer. A l'instant où elle s'enfonçait, la blancheur de ses jambes m'a éblouie."

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 09:14

 

Atelier_de_reliure.jpg

Dans la "grande" actualité, il est question de religion en ce moment. Il y a d'autres moyens de relier. Plus sûrs !

 

Dans notre actualité des blogs il a été question du livre il y a peu

 

Tout cela me donne envie de vous parler renaissance. Oh, non, pas l'époque en question. Trop nul en Histoire pour cela.

 

Plutôt l'histoire avec un petit h. Celle d'un livre. Mais aussi de livres. De BD plus précisément.

 

Un pote a pour compagnon d'écriture depuis toujours un dico. Compagnon de longue date pour bourlinguer au gré des récits et des années, forcément çà marque. La marque des ans et des aventures.

 

Ce devait être à peu près à l'occasion de la visite d'une exposition sur la reliure à la Bibliotheca Wittockiana "une des plus belles et plus prestigieuses collections de reliure au monde", à Bruxelles.

L'ami nous confie, ou plus précisèment, confie à Mme Astor son tourment. "Mon vieux dico, j'y suis attaché. Il m'a accompagné dans mes écritures de dialogues. Oh, je sais qu'il n'a rien de précieux mais comment faire ?"

 

Il confie donc son livre pour une cure de jouvence. Autant le prévenir ce sera long. Même chez un pro c'est long. Alors, lorsque ce n'est plus l'activité professionnelle ....

 

Très vite le choix s'impose. Pas question de le parer d'une presitigieuse reliure en cuir avec nerfs et dorures. Il faut lui garder sa personnalité.

 

La photo rejoint la reliure. Le tango s'impose pour cette danse entre les deux passions et je vous laisse découvrir la renaissance de ce petit ouvrage.

 

Demain des bulles de BD auront un petit goût de cette renaissance. Comme hier, cette BD, qui ne vous est probablement pas inconnue avait un peu la saveur de ce petit livre discret.

 

Finalement parmi les livres que j'ai vu renaître, ce sont ces livres passion que j'aime le plus, au delà des prestigieux ouvrages parés de belles gravures.

 

Demain une nouvelle aventure naîtra pour le bonheur d'un amateur de la vapeur.

 

JC si tu passes par là :  toute ressemblance avec des potes que tu connais n'est pas un hasard

 

 


Renaissance Dico par Astorswiss

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 22:00

pile-livres.jpg

Reconstituer sa pile à lire, quel bon moment

Autant de livres, autant de promesses.

Parfois tenues, parfois moins (mais ce dernier cas n'est pas grave. Il y a au moins eu l'espoir, le plaisir de l'attente)

 

Ce midi, je décide de perdre un peu de temps. Mes pas me guide à la FNAC ... dont je ne ressors jamais les mains vides.

 

La saison le veut. Un guide ! Pour les voyages à moto, un critère très important est la taille.

J'ouvre rapidement le plus petit. Il m'a l'air pas trop mal fait, ce sera donc mon road book pour l'Espagne !

Promesse de découverte, de bons moments avec les potes avec qui je ferai la route !

 

Puis, forcément, un passage vers le rayon littérature japonaise. Rien qui me tente. Je retourne vers la littérature francophone. Là, divine surprise, sur un support qui s'avèrera être les nouveautés, je vois un Yoko Ogawa que je n'ai pas encore : Cristallisation secrète. Un coup d'oeil à la quatrième de couverture (mais la décision d'achat et prise : je ne résiste pas à Yoko Ogawa !) : "les choses et les êtres semblent promis à une sorte d'effacement diaboliquement orchestré".

Promesse de retrouver cet extraordinaire univers, ses quelques constantes et ses mille et une richesses et surprises !

 

Allez on va ensuite se choisir deux petits ouvrages de pure découverte. Voyons ....

 

J'en soulève une dizaine successivement pour voir les thèmes.

 

Tiens, un italien. J'aime bien de temps en temps ! 120  pages pour un recueil de nouvelles qui "semble contenir en germe nombre de livres à venir de son auteur". Un bon plan : le moyen de découvrir un auteur avant de poursuivre avec lui peut-être ! Erri de Luca, En haut et à gauche. Montons !

Promesse d'un nouvel auteur à suivre ?

 

Le petit dernier est vite trouvé. Les couvertures Babel attirent tout de suite mon regard. Une photo : une coupole, des minarets. Un titre superbe Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants. Constantinople en 1506. Un ouvrage "troublant comme la rencontre de l'homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman [...], ce portrait de l'artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l'acte de créer et sur le symbole d'un geste inachevé vers l'autre rive de la civilisation".

Promesse d'une belle entrée en matière avant un voyage très prochain dans cette ville posée entre deux continents.

 

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 10:53

Les-gens-de-dublin.jpg

A l'heure où sur le blog de Cockpit comme celui de L. on parle de la forme du livre, celui-ci a terminé sa course particulièrement mal en point !

 

J'ai un peu traîné dans sa lecture et comme pour l'essentiel je ne lis qu'en dehors de chez moi, il a longtemps séjourné dans ma poche ; il était temps que je le termine sinon il se disloquait littéralement ! 

 

Tout cela pour dire que ce n'est pas le livre que j'ai dévoré d'une traite !

 

Pour en rester sur la forme, il était imprimé dense, en petits caractères pas très agréables à lire. Cela m'a amené à le refermer plus d'une fois dans une période où j'étais fatigué.

 

Sur le fond je l'ai acheté parce que je suis dans une période où j'ai envie de retourner en Irlande. Egalement pour l'auteur James Joyce, dont le pavé Ulysse m'intriguait et dont je n'avais jamais rien lu.

 

En fait il s'agit de nouvelles, constituées de tranches de vie du Dublin d'il y a quelques décennies. Des galeries de portrait bien réalisées. Mais d'une certaine société à un certain moment.

 

Un peu de nostalgie. Un aspect un peu poussiéreux parfois.

 

A lire qu'on est en manque d'Irlande et qu'on veut passer un moment dans un autre monde, disparu. Le goût de découvrir des personnages fera le reste. Voir comment les uns et les autres se débrouillent avec telle ou telle situation, comment finalement nous nous débrouillons de ces situations.

 

Pas de quoi me détourner de l'envie de lire Ulysse. Mais je sais un peu mieux à quoi m'attendre.

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 17:29

l_enquete-claudel.jpg

C'est quelque chose comme le 8° Philippe Claudel que j'ai lu.

 

Je l'ai découvert me semble-t-il avec La petite fille de M.Linh. Très joli. Un petit bijou.

 

Puis j'ai lu aussi le Claudel très sombre, genre Les âmes grises. Ou J'abandonne, terrible aussi dans le genre ...

 

Le paquet, bien. Le rapport de Brodeck, bien mais longuet.

 

Assez fan de Claudel donc. Aussi quand je lis la 4° de couverture de L'enquête je n'hésite pas longtemps. "Philippe Claudel du côté de Huxley et Kafka" écrit une journaliste.  Le thème ? L'Enquêteur vient dans l'Entreprise en raison d'une vague de suicides. Voilà qui peut être très bon, du Claudel sur ce thème là !

 

De fait cela commence plutôt bien.  Mais ne tient pas la distance à mon avis.

 

Déjà, le ton ne me paraît pas approprié. On sourit des malheurs de l'Enquêteur et je ne suis pas sûr que ce ton presque comique colle bien au propos. Je pense que l'auteur, compte tenu du sujet, aurait dû rester sur un ton sombre dans lequel il est, de plus, très à l'aise et très "agréable" à lire.

 

Ensuite, c'est quand même bougrement délayé. J'ai retrouvé les sensations que j'avais en lisant Le rapport de Brodeck : on se surprend à essayer de lire de plus en plus vite pour avancer dans le bouquin et en finir parce qu'on s'ennuie un peu quand même !

 

Et puis arrive la fin ....  On se croit pendant un moment dans un univers type "2001 Odyssée de l'espace" façon fin du film. Ensuite çà tourne à moitié au mystique.

 

En résumé, au moment de monter dans un train, vous pouvez prendre ce livre pour vous occuper pendant le voyage. Vous passerez un bon moment, si vous lisez vite !

 

Dommage. Il y avait de bonnes idées.

 

"Toute la Ville paraissait se résumer dans l'Entreprise, comme si celle-ci, peu à peu, dans un processus d'expansion que rien n'avait pu freiner, s'était étendue au delà des ses limites premières, avalant ses périphéries, le digérant, les assimilant en leur instillant sa propre identité.

 

"Dissous dans l'immense masse mobile de ces piétons muets, il se glissa, cessa de penser, refusa d'analyser la situation, ne chercha pas à la combattre. C'était un peu comme s'il avait à demi quitté son corps pour entrer dans un autre corps vaste et sans limite"

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 22:50

retour-a-killibegs.jpg

J'attendais sa sortie en Poche depuis des mois, depuis que j'avais terminé Mon traître, et plus encore depuis que j'avais lu les autres ouvrages de Chalandon (Le petit Bonzi, La légende de nos pères et Une promesse).

 

Je viens de le dévorer cette semaine (et notamment à l'occasion d'un aller retour Paris en TGV : vive le train pour la lecture !).

 

Il s'agit comme dans Mon traître de l'Irlande catholique, de leur combat pour la liberté et particulièrement du cas de Denis Donaldson rebaptisé pour l'occasion Tyrone Meehan.

 

Relisant l'article que j'avais fait sur Mon traître, je me dis qu'il n'y a pas grand chose à ajouter sur le thème lui-même : les combats des républicains catholiques irlandais contre les british, la vie à Belfast alors, un français dans la bataille (Sorj Chalandon, incarné dans un luthier dans ces romans), le traître, haute figure de l'IRA).

 

Ce qui est passionnant dans ce roman ?

 

- le complément sur ces moments et le ressenti côté irlandais. L'atmosphère dans le ghetto, la tension et la haine entre les communautés, les conditions de détention sont remarquablement décrits.

 

- le point de vue du traître. C'est évidemment la pièce maîtresse. Sorj Chalandon en fait quelque chose de très nuancé. C'est remarquable quand on imagine à quel point il a pu lui-même être particulièrement affecté par cette trahison. C'est également assez extraordinaire de voir les nuances dans le portrait du luthier, là aussi quand on prend en considération la dimension autobiographique.

 

Est-ce mieux écrit que Mon traître comme on le lit ici ou là ? Peut-être mais je crois quand même préférable de lire les romans dans l'ordre dans lequel ils ont été écrits. Mon traître dépeint le contexte d'ensemble. Retour vers Killibegs est vraiment un zoom sur Meehan/Donaldson.

 

Sorj Chalandon au travers de son oeuvre montre des qualités humaines assez extraordinaires dans son regard sur soi et sur les autres, les rapports humains, l'humilité qu'il faut avoir quand on analyse ce qu'a fait tel ou tel.

 

Beaucoup de nuances. Indispensables.

 

Cette interview très intéressante de Sorj Chalandon peut être lue sans problème avant de découvrir son oeuvre, bien au contraire. Elle éclaire sur la place de la fiction et la place du reportage dans ces deux romans.

 

Je vais devoir patienter avant de lire à nouveau cet auteur en Poche .... Mais j'ai du stock, d'autres auteurs : Ulysse sur l'Irlande, quand j'aurai un grand moment devant moi vu l'épaisseur du pavé, et un Philippe Claudel, L'enquête, qui me paraît prometteur et qui va être mon prochain !

 

 

sinn-fein.jpg

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 05:36

avec-tes-mains.jpg

Un ouvrage court (120 pages) qu'on n'a assez rapidement plus envie de lâcher !

 

Le côté témoignage sur l'immigration algérienne m'avait fait acheté ce livre, en même temps qu'un belle pile d'autres. Puis, en "concurrence" avec les autres livres, j'avais un peu hésité à me mettre à celui-ci. Enfin son tour est venu mais l'enthousiasme était parti.

 

"Assez rapidement" : cela ne met pas très longtemps mais on n'est pas immédiatement captivé. Oh, ce n'est pas très long. Cinq, six pages. Une dizaine tout au plus.

 

Alors on est vraiment conquis ! Ce qui fonctionne très bien, c'est le duo entre le volet "témoignage sur l'Algérie et l'immigration" et le volet plus intimiste sur les relations "père-fils" (et plus largement sur la façon d'être père).

 

La forme de l'ouvrage est a priori déconcertante mais finalement très efficace : le fils s'adresse directement au père et le lecteur suit ce qui est en quelque sorte une longue lettre au père. On est alors placé au coeur du sujet sans que jamais çà ne tombe dans une sorte de voyeurisme ou un ton larmoyant ou tout autre écueil sur lequel cette forme et le thème pouvaient facilement amener.

Cette évocation du père est vraiment superbe. Peut-être encore plus belle que sur des ouvrages que j'avais également particulièrement appréciés comme Les trois lumières (relations avec les parents) ou La légende de nos pères (sur les pères mais un peu moins "généraliste" sur ce thème).

 

J'en reviens à ce qui avait motivé l'achat, l'immigration algérienne.

 

Ce thème m'a toujours intéressé, concerné. Non pas directement, je n'en suis pas issu. Mais simplement par sa proximité, à de multiples égards : dans ma banlieue d'origine (avec notamment ce surprenant foyer Sonacotra), dans mes promenades (à Marseille ou ailleurs), dans mes relations amicales, familiales ou professionnelles, dans mes minuscules petits combats contre le racisme.

 

Dans ce livre, ce sont trois générations qui sont concernées par les relations franco-algériennes. Pas de grand discours, pas de grandes théories. Des faits, sur trois générations et toute une vie. La force du propos est tirée du vécu sur ce long terme.

 

Pas de position manichéene. Juste des constats. Des constats que nous pouvons tous faire ou presque. Mais sans les vivre de l'intérieur. C'est en quelque sorte une simple confirmation. Simple mais diablement efficace.

 

Avant de vous livrer quelques passages de ce livre, je termine avec une certitude : je vais voir quels autres ouvrages a écrit cet auteur car j'ai vraiment apprécié ce double côté social et individuel. Probablement ce que je vais retrouver dans Retour vers Killibegs que je viens de commencer.

 

 

  "Depuis l'enfance tu nous regardes grandir, avec si peu de gestes d'affection. Pris par l'instant qui file, vous pensiez que la tendresse était innée, qu'elle n'avait pas besoin, pour se transmettre, de regards, d'attention, de mots simples, d'un filet de voix calme.[ ]. Nous nous chamaillons entre frères, sans nous inquiéter de ce manque d'échange avec les parents, le trouvant naturel au bout du compte. Une forme de manque d'amour dont nous ne nous remettrons jamais."

 

"Ainsi, à l'époque de l'arrivée en ville, les enfants les plus jeunes découvrent les cages d'escalier, les soirées animées sur les pelouses des parcs. [ ]. Trouvant à la rue plus d'attrait qu'un repas en famille, ils apprendront les codes d'une nouvelle jungle, les petites combines et leurs dangers"

 

"Vous étiez désignés terroristes, en chacun d'entre vous on voyait un artificier à la solde du FLN, un agitateur politique. La confiance s'est étiolée, plus rien ne sera possible. En voulant vous maintenir dociles, ils ont fait de vous un troupeau abreuvé de rancune."

 

"C'est triste une main d'homme qui n'a jamais tenu un livre entre ses doigts"

 

"J'aurais voulu que tu me montres, un jour de connivence, une photo longtemps dissimulée, en me disant que là, quelques jours dans ta vie, tu ne fus ni miséreux, ni soldat, ni travailleur de force, mais simplement un homme avec de la douceur au bout des doigts".

 

"Aujoud'hui ces orateurs parcourent les barres d'immeubles, sèment [les paroles] de l'interdit et de la soumission. Pendant que les pères surveillent leurs filles, lems garçons leurs échappent"

 

Bon, je m'arrête là. Il n'y a que l'embarras du choix pour les citations !

 

 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 04:10

Tokyo Electronique

La couverture, le titre, l'idée de lire un recueil de nouvelles de divers auteurs ont déclenché l'envie.

 

L'idée fondatrice de ce recueil a été de "demander à des écrivains japonais d'écrire une fiction d'une quarantaine de pages, dans laquelle le Tôkyô d'aujourd'hui, ou un quartier librement choisi, serait le maillon essentiel, dans l'espoir que s'y révéleront les sentiments des romanciers pour ce Tôkyô où ils vivent, que s'y dessineront leurs façons d'appréhender la cité".

 

Ce pari est gagné. Ce sont de belles promenades dans la ville. Pendant le temps de la lecture, on est certes dans l'univers de l'écrivain mais on est aussi ailleurs, là-bas, dans cette ville qui m'a ainsi séduit.

 

Dans une postface très intéressante, la traductrice, Corinne Quentin citons-là, dit  de Tôkyô : chaos, hétérogénéité, cacophonie, démesure, laideur. Il reste que les grandes villes sont envoûtantes. Tôkyô décrite dans ces nouvelles n'y échappe pas.

 

Voilà pour la ville. Mais l'univers créé par les romanciers ?

 

Après avoir lu les deux premières nouvelles, de Muramatsu Tomomi et Morita Ryûji, mon sentiment était du style "sympa, se lit facilement mais ne me laissera pas un souvenir impérissable"

 

On aborde alors la nouvelle de Hayashi Mariko, Amants pour un an. C'est alors en plus de la plongée dans la ville, un aperçu de coeurs japonais, assez réussi. Charmant en tous cas.

 

Les deux dernières m'ont carrément bien plu et me font encore sourire en tapant sur le clavier en cette fin de nuit d'insomniaque !

 

Shiina Makato plante La tente jaune sur le toit. Un salairé japonais se retrouve à dormir dans une tente installée sur la toiture terrasse de son immeuble de bureau. Ce passage dans cet univers décalé donne, au sens propre aussi, une autre vision de la ville. Et j'adore ces situations où on pousse un peu les curseurs pour nous amener au bord de l'étrange et du rêve.

 

Enfin, avec Fujino Hhiya,  c'est une petite fille qui s'interroge sur la possible présence d'Une ménagère dans un poste de police :" Dis, Maman, pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de femmes dans les postes de police ?".

Après quelques pages, il se confirme que c'est le fil directeur de la nouvelle. Un coup d'oeil sur le livre montre qu'on en prend pour soixante pages. En compagnie de Mika la petite fille, sa mère et ... Pi-po la mascotte des policiers japonais. On termine finalement cette nouvelle sans queue ni tête avec un excellent souvenir de ces tribulations devant les postes de police japonais et autres lieux tels qu'un ascenseur bondé. Même le claustrophobe que je suis !

 

Un recueil sympa finalement. Et deux auteurs vers qui je reviendrai si l'occasion se présente !

 

 

Pour terminer, Pi-Po en personne :

(photo issue d'un blog sur l'art contemporain qui semble très intéressant (le blog ; l'art également mais çà vous connaissez déjà mon point de vue ))

 

pi-po.jpg

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